b) Un dysfonctionnement du cerveau

      Les hypothèses expliquant les impressions de déjà vu font souvent appel à des processus cérébraux complexes liés à la mémoire, à l'attention et à la neurologie. 

     Nous allons voir le parcours et l’explication de ce phénomène, ayant évolué en fonction des époques et des nouvelles techniques scientifiques.


(*7)      En 1931, le philosophe Bergson émet l'hypothèse que les processus de perception et de mémorisation sont des événements simultanés. Une scène est selon lui mémorisée au moment où elle est perçue. Mais la fatigue, l’inattention, le stresse pourraient momentanément désynchroniser ces processus. La mémorisation deviendrait alors brièvement le processus dominant. Ainsi, n'ayant pas bien perçu la scène que nous sommes en train de mémoriser, cette désynchronisation nous donnerait-elle l'impression de l'avoir déjà vécu.


      A l'inverse, 50 ans plus tard, De Neyer émet l'hypothèse que la mémoire fonctionne comme un magnétoscope. Les processus d’enregistrement, faisant référence à la mémorisations, et ceux de lecture, faisant référence aux souvenirs, ne peuvent donc pas être activés en même temps. Cependant lors d'une impression de déjà vu, la scène enregistrée déclencherait simultanément le sentiment de familiarité et du souvenir.


      Pour d'autres scientifiques et neurologues, l’impression de déjà-vu serait liée à l’attention. Du fait de la fatigue, du stress, du manque de concentration ou de l'ivresse, une première perception brève et distraite de l’événement présent serait immédiatement suivie d’une seconde perception plus attentive. La première perception serait alors ressentie comme un souvenir vague, associé à un événement passé, sans que nous ayons conscience de sa récence, les deux perceptions étant  espacées que d’une fraction de seconde.

      Fatigue, stresse et manque de concentration jouent donc un rôle important dans le déclenchement du déjà vu. De nombreux chercheurs remarquent que la fréquence des impressions de déjà vu augmente chez les sujets en état de grande fatigue ou après une période de stress . 

 

 

      D’autres neurologues estiment que pour atteindre les différents cortex depuis les organes sensoriels, les informations, en particulier visuelles pourraient suivre deux chemins neuronaux différents. 

      Les messages nerveux arrivent alors simultanément et sont interprétés comme une même perception. Si un délai allonge le temps d’arrivée du deuxième message, ils sont donc interprétés comme deux perceptions distinctes. C'est la « hiérarchisation » de la vision.

Le sentiment de familiarité du déjà-vu résulterait donc de la première perception assimilée à un souvenir plus ancien qu’il ne l’est pas en réalité. 


      Une autre version de cette hypothèse attribue à ces deux chemins un caractère primaire et secondaire. Le message secondaire arriverait normalement après la perception primaire mais si l’inverse se produit, la perception primaire semble familière puisque le message secondaire est déjà mémorisé.


      Une zone du cerveau, le parahippocampe, serait la source des sentiments éprouvés lors d’une impression de déjà vu. Le parahippocampe fonctionne habituellement en complémentarité avec l’hippocampe. L'hippocampe joue un rôle très important dans la formation des nouveaux souvenirs et des événements vécus. Il est notamment responsable de la détection de la nouveauté d'un événement ou d'un lieu. L'hippocampe se situe dans le lobe temporal et permet de déterminer s’il y a effectivement concordance entre des expériences déjà rencontrées et une situation actuelle.


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      Lors de sentiments de déjà vu, le parahippocampe fonctionnerait seul, sans hippocampe. Il ne subsisterait donc que le sentiment étrange caractéristique du déjà vu.

 

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